Biographie de Marcel Brissaud dans le Maitron

dimanche 20 novembre 2011
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BRISSAUD Marcel, Charles

Né le 2 avril 1928 à Châtonnay (Isère), décédé le 16 octobre 2011 à Vitteaux (Côte d’Or), marié, quatre enfants ; professeur d’Université ; militant syndicaliste ; militant communiste.

Fils d’un tisseur en soierie et d’une ouvrière en confection, Marcel Brissaud, élève d’un cours complémentaire, titulaire du brevet élémentaire en 1944, fut recruté comme secrétaire-surveillant à l’Ecole pratique de commerce et d’industrie de Vienne (Isère) en octobre 1944. Bachelier en 1946, étudiant à Lyon, il devint maître d’internat successivement à La Tour du Pin (Isère), à Vienne et à Tournon (Ardèche). Dès 1945, il participa aux initiatives pour les libertés et la paix (Comité de l’Union nationale des Intellectuels, Comité de défense des libertés, Assises nationales de novembre 1948). Son activité lui valut une mutation d’office au printemps 1949. Brissaur épousa en septembre 1949 Christiane Pécret, professeur d’éducation musicale. Ils s’installèrent à Mâcon (Saône-et-Loire) en octobre 1949. Il y anima le Comité de la Paix (appel de Stockholm) et prit la défense d’anciens résistants et des militants de la paix. Stagiaire à l’Ecole Normale Nationale d’Apprentissage de Lyon (1951-1952), Brissaud fut nommé à Louhans (Saône-et-Loire) puis à Mâcon. Il s’impliqua dans les activités du Syndicat National de l’enseignement technique et professionnel (CGT) à partir de 1951, au niveau local, départemental et régional. Il participa au Congrès confédéral de juin 1953 et devint secrétaire général de l’Union locale CGT de Mâcon en décembre 1953, et quelques mois plus tard, membre du Bureau de l’Union départementale.

Adhérent du Parti communiste français depuis 1952, membre du bureau de la section de Mâcon, délégué aux journées des Intellectuels communistes en avril 1953, Brissaud devint membre du Bureau fédéral en 1956. Délégué au congrès national du Havre de juillet 1956, responsable des élus dans sa fédération, il y participa à la réunion sur le travail des élus. Très intéressé par l’activité de Waldeck Rochet, député de Saône-et-Loire, il pensait que ce dernier deviendrait le secrétaire général du PCF dès ce congrès de 1956 et il regretta par la suite que cette décision ait été différée.

En raison de la dégradation de son état de santé, Brissaud demanda d’être déchargé d’un certain nombre de tâches, ce qui fut accepté. Membre du comité fédéral de 1959 à 1962, il poursuivit ses responsabilités syndicales sur le plan local et départemental (jusqu’en 1967). En 1963, il conduisait la liste départementale de la CGT pour les élections à la Sécurité Sociale.

Sur le plan professionnel à la Cité Technique de Mâcon, Brissaud participa à la mise en œuvre des premières classes de techniciens supérieurs en traitement de l’information. Après plusieurs propositions d’entrer dans l’enseignement supérieur, il fut détaché au département de mathématiques de la faculté des sciences de Lyon (future université Claude Bernard) en décembre 1967. Dans son université, il créa la filière Mathématiques appliquées et Sciences Sociales qui permit des "contacts fructueux" entre mathématiciens, informaticiens, sociologues et économistes. Il publia de nombreux ouvrages dont un Manuel de pré-topologie et les Ecrits sur les processus aléatoires , en hommage à Robert Fortet. Il refusa de soutenir un doctorat d’Etat pour garder sa liberté de jugement et d’action.

En 1972 Brissaud devint le responsable académique du Syndicat national de l’enseignement supérieur. Membre du Bureau national, en 1975, il fut le représentant de ce syndicat à la commission exécutive nationale de la Fédération de l’Education nationale. Il exerça la responsabilité de secrétaire général adjoint du SNESup de 1977 à 1983. Il suivait depuis 1974 les questions de la formation des maîtres et en 1989-1990 fut membre du groupe de travail Bancel qui créa les Instituts universitaires de formation des maîtres. Nommé comme personnalité qualifiée au conseil d’administration de l’IUFM de Lyon, il y siégea jusqu’en 2000.

Toujours membre du PCF, Brisssaud indiquait, dans son témoignage, qu’il s’y était "toujours librement exprimé".

Depuis 1983, ayant repris son enseignement à Lyon, Brissaud faisait toujours partie du bureau national du SNESup. Retraité en1988, il y assurait la responsabilité du secteur « retraites et retraités », participait au travail de la Fédération syndicale unitaire au plan national et fut élu depuis 1996 délégué national à la commission exécutive de la Fédération générale des retraités de la Fonction publique.

Victime d’un grave accident de santé, quelques mois auparavant, hospitalisé pendant plusieurs mois, Brissaud fut inhumé le 20 octobre 2011 au cimetière de Chantonnay.

SOURCES : Archives du Comité national du PCF. – Presse syndicale. – Renseignements fournis par l’intéressé.

Jacques Girault


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